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C’est au moment où l’on commémore le décès Albert Camus, que parait cette info incroyable : « Les grandes écoles refusent un quotas de 30 % d’étudiants boursiers ». Comme si l’intelligence était liée à la fortune, comme si les riches avaient un gène particulier dans le domaine de l’intelligence. Ils désapprouvent la notion de quotas par crainte que ça n’appauvrisse le niveau. N’est-ce pas plutôt parce qu’ils veulent rester entre eux, comme une caste de privilégiés, garder le savoir, surtout ne pas partager. Signe de leur supériorité.

Ont-ils lu seulement Camus ? Camus le solitaire mais aussi solidaire de tous les exclus.

Voici le récit de Herbert R Lottman l’un des biographes de Camus : « Un jour, un jour sans date mais qui mérite d’être noté. M. Germain (son instituteur) accompagna Albert au 93 de la rue de Lyon, pour parler à la famille du jeune garçon. Il insista sur le fait qu’il fallait laisser Albert fréquenter l’école le plus longtemps possible. Il pouvait tenter d’obtenir une bourse, ce qui lui permettrait d’aller au lycée. Cette bourse, réservée aux nécessiteux, couvrait l’achat des fournitures et des repas. La grand-mère Sintès rétorqua que tout le monde dans la famille devait travailler, y compris Albert. Mais cette fois la mère d’Albert plaça son mot. Puisque son fils allait travailler, elle estimait qu’Albert pouvait continuer ses études. » Lorsqu’il reçu le Prix Nobel il écrivit à son instituteur Louis Germain : « Ma première pensée après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tenu au petit enfant que j’étais…rien de tout cela ne serait arrivé. » Voilà messieurs de la conférence des grandes écoles (CGE) a quoi peut arriver un boursier, quand il est aidé et soutenu. Il faut vous en remettre c’est ainsi. Non l’intelligence n’est pas l’apanage d’une élite friquée, ségrégationniste. Les pauvres aussi ont du talent à condition qu’on leur en donne les moyens. Le Prix Nobel à Camus fut ressenti comme une offense par les conservateurs de l’époque qui répandirent leur venin considérant Camus comme « un dangereux gauchiste » l’hebdomadaire de droite Carrefour se déchaîna de même que France-Observateur à gauche qui affirma :

_ On se demande si Camus n’est pas sur un second versant et si, croyant distinguer un jeune écrivain, l’Académie suédoise n’a pas consacré une précoce sclérose.


D’autres écrivains n’appartenant pas à l’intelligentsia, noble, friquée et bien en cours, connurent les mêmes difficultés, les mêmes mésaventures. Ces gens là avaient l’intelligence du coeur Je pense à Jean Guéhenno membre de l’Académie française, fils d’un cordonnier breton, qui fut contraint d’abandonner l’école à 14 ans pour s’engager comme ouvrier dans une usine de galoches, ou à Louis Guilloux, Grand prix de littérature de l’Académie française, fils d’un cordonnier et militant socialiste, dont Camus dédicaça le livre « La Maison du Peuple ». A. Camus créa la polémique déclarant à l’occasion de la sortie de ce livre « Presque tous les écrivains français qui prétendent aujourd’hui parler au nom du prolétariat sont nés de parents aisés ou fortunés… » Et combien de petits génies qui ne purent franchir le mur de l’argent qui barrait leur route. Les riches ont accès à la connaissance par les grands boulevards : Meilleures écoles, meilleurs collèges, meilleurs lycées, meilleure universités. Pour les pauvres, c’est souvent le parcours du combattant, la galère. Programmes surchargés, effectifs enseignant allégés, démotivation du corps enseignant. Pourquoi ne pas donner à chaque individu la possibilité de faire des études supérieures ? Il faudrait pour cela une réforme sérieuse de l’enseignement public et non ce tripatouillage sectoriel qui ne fait qu’appauvrir et dévaloriser le système.

Aujourd’hui on n’apprend plus à réfléchir, on ne philosophe plus, on capitalise l’intelligence au service de la rentabilité, de la compétitivité, du profit, la seule valeur semble être la valeur boursière. On forme des « traders » au détriment des humanistes. On a besoin d’une élite conquérante, formatée qui joue le jeu des puissances d’argent. Les pauvres pourraient changer la donne, l’on s’en méfie énormément. L’indignation, du ministre de l’éducation ou d’un Alain Minc et de quelques autres est factice. TOUT CONTINUERA COMME AVANT. On vit dans un monde de l’absurde.




PAPADUB.jpgB.S.

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