SANTE

Dimanche 3 février 2008

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On a souvent parlé de complémentarité entre le public et le privé en matière de soins et c'est une bonne chose à condition que les règles soient respectées. Hors c'est trop souvent au détriment du public que cela se passe. Gérard Larcher, sénateur UMP a tenté dans son rapport provisoire sur la " mission de l'hôpital public " de tirer la sonnette undefined d'alarme sur l'installation d'une médecine à deux vitesses. Ce qui est en cause, c'est le nouveau système de tarification des actes médicaux appelée " T2A ".

" Le financement par la T2A conduit à privilégier les malades et les activités rentables financièrement, c'est-à-dire essentiellement les patients ayant des pathologies aiguês relevant de gestes techniques et n'ayant pas de polypathologies ni de maladies chroniques ou de problèmes sociaux ou psychiatriques. "
( Libération du 12 octobre 2007 )

Sur les 45 millions d'admissions enregistrées chaque année, l'hôpital public assure 57 % des soins de médecine, de chirurgie et d'obstrétique. Les cliniques privées 34 %. Mais dès qu'il s'agit de chirurgie légère, les proportions s'inversent. Les interventions lourdes, la chirurgie cardio-thoracique, les greffes: aux hôpitaux. Les obstétriciens privés accouchent leurs patientes dans de superbes cliniques dont ils sont actionnaires, mais pour les grossesses à risque, c'est l'hôpital. Même chose pour la pédiatrie. Ne parlons pas des urgences ou de la réanimation asssurées à 90 % par le secteur public. Ce n'est  pas le privé qui s'encombre de maladies rares, la psychiatrie ou l'Alzheimer.
C'est aussi dans les murs de l'hôpital public que se déroulent les premières chirurgicales mondiales et que se forment chaque année les médecins.

Le " Canard enchaîné " du mercredi 30 janvier nous raconte l'histoire du groupe " Générale de la santé "  premier groupe européen privé, qui gère plus de 170 établissements hospitaliers privés. Son cours en bourse a explosé: + 300 % depuis 2002.
" De bonnes fées veillent sur les cliniques. La plus belle histoire de genre, c'est celle de la Générale de santé qui avait reçu 4 millions de l'agence de l'hospitalisation du Pas-de-Calais pour participer à une réorganisation des secteurs public et privé à Arras. Le groupe a finalement fait sa petite cuisine tout seul, racheté les deux cliniques du coin, sans pour autant rendre ces 4 millions. Evidemment, les pouvoirs publics n'ont pas eu la grossièreté de les lui réclamer. Mieux, l'Agence régionale d'hospitalisation vient d'accorder à la Générale de santé 30 places d'hôpital de jour pour la radiothérapie au lieu des 10 ou se succèdent déjà chaque jour 3 patients. " " Le jackpot ", rigole un médecin.
Le plus grave dans ces affaires, c'est que ce sont des fonds de pension américains qui détiennent une parti du capital. " Si demain un fonds de pension décide de vendre toutes ces participations d'un coup, on se retrouvera avec une désorganisation totale du système de soins " explique un haut fonctionnaire.

Sans consulter personne, comme à son habitude Sarko a annoncé que la généralisation de la nouvelle tarification, prévue pour 2012 entrerait finalement en vigueur en 2008.

La CGT exige que l'ensenble du dispositif soit suspendu et que s'ouvrent de réelles négociations sur le financement des établissements de santé publics et privés dans le respect des besoins d'activités, des missions et des obligations de chacun. Elle s'oppose à toute démarche, contre nature, de convergences tarifaires public/privé.

On voudrait démenteler l'hopital public qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

La santé ne peut être laissée  aux mains de spéculateurs.
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B.S.

Par Jean Claude Marty
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