Ce samedi 17 octobre 2009: « JOURNEE MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE »
[ En France, les jeunes sont les plus touchés. 18% des enfants et adolescents vivaient en 2007 sous le seuil de pauvreté ( 910 euros par mois ) et ça ne s’est pas
arrangé depuis. Conséquences : échec scolaire, humiliations, problèmes de santé etc, etc…..]
{Déclaration de M. Patrick Balkany ami de Sarkozy, maire de Levallois-Perret à déclaré à une chaîne de télé américaine}
"Ce que vous appelez les pauvres, je suis désolé de vous le dire, c'est des gens qui gagnent un peu moins
d'argent.
Mais comme ils gagnent moins d'argent, ils ont les mêmes logements que les autres, sauf que eux les payent moins cher. Et
ils vivent très bien. Nous n'avons pas de misère en France. Il n'y a pas ce que vous appelez les pauvres. Bien sûr, il y a bien quelques sans domicile fixe qui eux ont choisi de vivre en marge de
la société. Et même ceux-là, croyez moi, on s'en occupe : il y a des foyers d'accueil parce que en hiver en France aussi, il fait froid et il n'est pas question de laisser dehors les gens qui
sont dans la misère donc nous leur donnons des asiles (…) on leur donne tout ce dont ils ont besoin. Mais ce sont des gens relativement rares qui ont décidé une bonne fois pour toute qu'ils
étaient en marge de la société, qu'ils ne voulaient pas travailler ou qu'ils avaient été rejetés par la société." Cette séquence avait été enregistrée pour une émission réalisée par
Karl Zéro mais, comme par hasard, elle n'a jamais été diffusée par une chaîne.}
« La misère, c’est comme un grand vent qui vous déferle sur la gueule et qu’arrête pas de souffler toujours dans la même direction. Le problème, c’est
d’essayer de faire quelque chose pour éviter de se faire renverser. Le prendre de côté, par exemple, comme le toréro qui se met de profil pour que la mort ne lui entre pas dedans. » (
Coluche )
A propos de misère justement. Un vingt cinquième suicide à France Télécom ; le désespoir, la honte. Les Bretons, à Lannion, un millier de Télécoms, se sont
spontanément rassemblés et ont organisé un défilé silencieux à la mémoire de celui qui à 45 ans vient volontairement de mettre fin à ses jours, abandonnant femme et enfants. Un acte désespéré qui
accable le PDG M. Lombard et qui met en cause l’entreprise, et la Société. Dans ce défilé silencieux, les visages crispés des participants témoignaient de leur colère, de leur douleur, de leur
rage, de leur incompréhension. Pas un représentant du gouvernement à cette manifestation, et pour cause !
Alors M.Darcos rien dans la culotte ? Vous n’assumez pas beaucoup en tant que ministre du travail, pas plus que vous n’avez assumé en tant que ministre de
l’éducation nationale d’ailleurs. Là c’était moins grave il n’y a pas eu de mort. Pour le cas présent, même pas un soupçon de culpabilité, de démission, un acte de contrition, rien, rien pas plus
que votre prédécesseur qui a aussi sa part de responsabilité, tout comme Mme Parisot, la majorette du CNPF qui devrait rappeler ses adhérents à plus de circonspection et qui en tant que femme
devrait être plus sensible à ces drames, même pas ! Et Mme Lagarde qui déclare froidement devant l’Assemblée nationale « Il n’appartient pas à l’Etat, fût-ce en qualité d’actionnaire,
d’intervenir directement dans la direction et la gestion de l’entreprise. » Autrement dit, circulez, il n’y a rien à voir, évacuant ainsi la responsabilité de l’Etat et du chef de
l’Etat enferré dans ses tripatouillages peu glorieux en faveur de son fils ainé, Jean. De la race des nantis.
En d’autres temps certains responsables à votre place auraient ressenti une effroyable culpabilité, un remord épouvantable ; mais les temps ont changé. La course à
la productivité, au profit, à la concurrence ont pris le dessus. Cet univers est atroce et sans pitié. A France Télécom, il y a rupture entre l’Economie et l’Humanisme, et je ne crois pas qu’un
questionnaire suffise à rétablir la situation. Et, l’on peut craindre qu’un jour un employé excédé, désemparé, à bout, tourne son arme contre son employeur, avant de se donner la mort ?
Faudra-t-il en arriver là pour crever l’abcès ? Tout devient possible à force de mépris.
Ecoutons maintenant le prêche de notre « Bien-aimé » Président. C’est à tomber à la renverse. « Je veux une démocratie irréprochable. La démocratie
irréprochable c’est la participation de chacun à la destination du destin de tous. La démocratie irréprochable c’est celle où il n’est pas nécessaire de voter pour les extrêmes pour se faire
entendre. Celle où il n’est pas nécessaire de descendre dans la rue pour crier son désespoir ( ex : France Telecom )…….La démocratie irréprochable ce n’est pas celle où
l’enfant d’un de ces quartiers dans lesquels s’accumulent toutes les difficultés qui regarde la télévision trouve qu’aucun homme politique ne lui ressemble.
La démocratie irréprochable ce n’est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences et des
amitiés mais en fonction des compétences. C’est celle dans laquelle l’Etat est impartial. Si l’Etat veut être respecté, il doit être respectable……………….Le fait du prince n’est pas
compatible avec la République irréprochable. On croit rêver !!! Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais. Et devant de jeunes lycéens ébahis il déclare «
ce qui compte en France pour réussir ce n’est pas d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve, par ses études de la valeur. » Il semble que durant ses deux
ans d’études de droit, son fils Jean se soit focalisé sur le droit d’aînesse, oubliant que ce droit a été aboli pendant la Révolution.
Une démocratie, une République irréprochable dit-il, alors qu’il fait tout pour bâtir à ses jeunes une Société injuste, inhumaine, affairiste, où règne la
corruption, la spéculation, les passe-droits, les privilèges, le piston. Une Société où tout devient possible pour les nantis.
B.S.