Croyons-nous sincèrement que nous allons aboutir ?
Pensons-nous réellement pouvoir amener une population qui vit au Moyen Age, dans un 21 ième siècle et cela en quelques années ? Agir de la sorte, c’est l'arracher de force à ses racines, la
projeter dans un siècle qui l'effraye, pour lequel iles afghansls ne sont pas prêts. C’est purement de l’inconscience.
Nous avons affaire à des gens qui ont leur histoire, et leur mode de vie qui sont divisés en ethnies, en clans, en castes, sous l’emprise de la religion. Ils évoluent à un rythme qui n’est pas le nôtre, obéissent à des mœurs que nous condamnons que nous considérons d’un autre âge mais qui sont de leur âge. Vouloir les convaincre par la force est inutile. Il faut les laisser suivre le processus normal de toute civilisation. La civilisation ne s’exporte pas.
Mais est-ce bien le but ? Ou n’est ce pas plutôt le jeu d’intérêts stratégiques, militaires et économiques, qui sous-tendent notre engagement et celui de nos alliés ?
Dans ce genre de conflit on se donne toujours bonne conscience. C’est pour leur bien dit-on qu’on intervient, dans leur intérêt. Les Talibans organisation islamique fondamentaliste, fondée sur une stricte application de la charia, sont d’odieux terroristes qu’il faut neutraliser pour le bien de la population afghane.
Mais, le 27 septembre 1996, alors que les Talibans prennent Kaboul, la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright déclare que « c’est un pas positif » et l’Amérique les laisse prendre le pouvoir. Soudain on ne parlait plus de démocratie. Les Talibans étaient fréquentables. Comme en Irak où l’Amérique a un temps soutenu Saddam Hussein contre l’Iran, avant de l’éliminer et de plonger l’Irak dans un chaos épouvantable.
La France, l’Europe et l’Amérique n’ont pas de leçons à donner aux afghans.
La France s’est longtemps fourvoyée avec son Empire colonial qu’elle voulait à sa botte et qu’elle a du abandonner à son sort, sacrifiant une partie de la jeunesse
française.
Toute entreprise guerrière à l’encontre d’un pays étranger pour l’assujettir sera vouée à l’échec. La France à l’expérience dans ce domaine, l’Indochine et l’Afrique du Nord ou après avoir tout
essayé, a finalement dû abdiquer. Elle devrait en tirer les conséquences pour l’Afghanistan. Hélas il n’en est rien.
Comme en Algérie, les alliés créaient une autorité afghane fantoche qui les trahira à un moment donné ou qui se fera massacrer à leur départ. Cette affaire est sans issue. La France devrait en tirer les conséquences, retirer ses troupes rapidement et ne pas sacrifier ses soldats qui tôt ou tard s’apercevront que leurs camarades sont morts pour rien, qu’on les a utilisé pour une mauvaise stratégie dont tout le monde politique savait qu’elle était vouée à l’échec.
Ce vieux pays possède d’importants gisements de gaz naturel et de pétrole. Les réserves de pétrole seraient 90 fois plus grandes que supposaient les soviétiques dans les années 1980. Aujourd’hui
des compagnies comme Texaco, Total, BP se sont installés à Kaboul, en espérant remporter les appels d’offres du gouvernement.
Voilà pourquoi meurent les civils afghans et les soldats français, comme toujours pour de sordides intérêts.
Tout pouvoir sans contrôle rend fou. ( Alain )
Toute l’assistance était là, pour voir notre « Bien-aimé » faire son numéro. C’était bien orchestré. On avait même différé le départ du préfet, pour que la sécurité de
notre « Altesse » soit assurée.
L’inauguration de ce pôle industriel -Faurecia- est un modèle de coopération des collectivités locales. Avec une participation financière de la Région, 15,8 millions d’euros ;
conseil général de l’Orne, 3,7 millions ; communauté d’agglomération du Pays de Flers 5,5 millions ; Fonds européen 1 million et 1 million de l’Etat, bravo, pour un site mondial c’est maigre
!
France info annonçait ce matin un financement de l’Etat et de Faurecia !!! La propagande toujours.
Ils ont eu droit au bla-bla habituel, paroles, paroles. Notre « Bien-aimé » est en campagne . Il cajole, il courtise, il flatte, il plastronne ; toujours avec le même souci de
paraitre courageux, d’être au-dessus de la mêlée, des intrigues partisanes, et, ma foi cela lui réussit.
Il mâchonnait son chewing-gum, c'est pas trés poli mais ça fait décontracté; devant un auditoire qu’il prenait peut-être pour des veaux.
Mme. Sylvia Bassot, députée UMP de l’Orne, qui a pour notre « Bien-aimé » les yeux de Chimène croyait au comble de son exaltation, être entrée en transe à l’arrivée de l’hélico présidentiel, ce n’était simplement que le souffle de l’engin qui l’a souleva comme un fétu de paille. Puis elle chut sur le bitume. Ce sera peut-être l’essentiel de ce qu’on retiendra de la venue notre « Bien-aimé ». Je souhaite un prompt rétablissement à l'intéréssée.
Car pour le reste, que des banalités. Un catalogue de promesses d’un candidat en campagne électorale, régionales obligent. Avec toujours son slogan favori « Travailler plus pour gagner plus » alors que les gens ne demandent d’abord « Qu’à travailler ». Demandez au 400 interrimaires qui ont été remerciés de chez Faurecia.
Les banques dit-il : « font ce qu’elles veulent quand elles vont mal, elles en appellent à l’Etat. » Qu’à cela ne tienne nationalisons les banques ! Mais ce n'est pas
dans le programme de notre Président.
La taxe professionnelle il n’en veut plus, alors que c’est en partie grâce à elle que l’opération Faurécia à pu se réaliser, je rappelle 25 millions d’euros des collectivités locales contre
1million de l’Etat n’est ce pas M. Devidjian père de la relance ?
Il égratigne en passant les journalistes « qui ne savent rien de la crise, mais on ne peut leur en vouloir de faire des commentaires dit-il ils sont payés
pour ça. » Ces messieurs apprécieront.
En passant, une pique contre les fonctionnaires « Dans leur petit bureau avec leur poster sur la Polynésie. » Démagogie qu’en tu nous
tiens ! Est-ce le rôle d’un Président d’opposer ainsi les classes sociales ? De faire rire les uns au dépend des autres. Etrange conception de la politique qui tient plus du café du commerce que
de la raison d’Etat.
B.S.
Et tous ces ministres engoncés dans leurs certitudes ; les Chatel, les Wauquiez, les Alliot-Marie etc. …qui nous serinent à longueur de journée bobards, et contre-vérités
Luc Chatel, ministre en charge de l’éducation et porte-parole du gouvernement l’a dit : « Si nous sommes amenés à fermer des écoles, nous n’avons pas prévu des moyens
de garde de substitution, nous ferons appel à la solidarité familiale, comme lors d’une épidémie de grippe classique. » Autrement dit démerdez-vous. Belle pagaille en perspective !
J’imagine qu’il a tout prévu en bon père de famille pour ses enfants. Sa visite soit disant inopinée organisée dans une grande surface avec des consommateurs anonymes, alors qu’il s’agissait de
militantes U.M.P, pour nous vanter la baisse des prix. Minable ! Quel exemple pour la jeunesse en tant que ministre de l’éducation.
De toute façon il n’y a rien pas grand-chose à attendre d’un tel ministre au passé fulgurant. Descendant de maîtres de forge, éduqué chez les jésuites, l’école républicaine connaît pas, admirateur des grands chefs d’entreprises et pour terminer fils d’amiral. Pour avoir effectué son service militaire comme officier de marine à Brest, il se permet de narguer les Bretons « Désolé, Messieurs les Bretons, mais vous n’avez pas le monopole de la mer » ( Ouest france du 31/08 ) c’est beaucoup d’arrogance. Sans oublier son passé professionnel, formé chez l’Oréal la prestigieuse maison de cosmétique ; j’espère qu’il n’est pas marqué par le passé de cette entreprise dont la face cachée est une des plus noire de l’occupation et de la collaboration.
Quant à M. Wauquiez secrétaire d’Etat à l’emploi, il regrette que des salariés licenciés se mobilisent pour toucher un chèque plutôt que de s’inscrire dans une structure de
reclassement. Il devrait savoir, mais non il ne l’a jamais vécu, que la plupart de ces structures sont inefficaces, et le salarié préfère tenir que courir. Après le CDD, le CDI, M. Laurent
Wauquiez propose le CTP (Contrat de Transition Professionnelle)
Mm. Alliot-Marie et ces mesures dérisoires pour lutter contre les suicides en prison. Ridicule !
Arrêtez bande de thuriféraires de flagorner sans arrêt à propos de tout et de rien. De parler à tort et à travers et de vous contredire.
« Qu’est-ce qu’une parole pour des gens qui passent leurs jours à faire des paroles ? Une chose dont on abuse à ce point perd toute sa valeur…..Nous sommes habitués à la vanité des paroles, qu’une chose dite n’est plus sacrée. La parole n’est plus respectée comme une partie de nous-mêmes. Qu’une parole soit un acte, et qu’après l’avoir dite on en soit l’esclave : voilà ce qui passe de plus en plus de mode, et cet état de choses est une source de faiblesse. » (C. Wagner)
La réalité c’est que tous ces moulins à parole ne sont que des clones de notre « Bien-aimé » Président. Le roi du baratin, le bonimenteur de foire, le charlatan, le cabotin,
c’est lui : « La France dont je rêve est une France qui ne laissera tomber personne, une France qui est comme une famille où le plus faible, le plus misérable, le plus fragile a droit
à autant d’amour, autant de respect, autant d’attention que le plus fort ». Ainsi s’exprimait notre « Bien-aimé » le soir du premier tour de l’élection
présidentielle. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le compte n’y est vraiment pas. Des français font des cauchemars. Les riches sont plus riches, les pauvres sont plus pauvres. En 2007 c’est 7 milliards
d’euros de baisse d’impôts pour les riches. Les pauvres attendront la prochaine distribution !!! De toute façon ils ne paient pas d’impôts alors de quoi se plaignent-ils ?
Les paradis fiscaux attention, on va sévir avertit le gouvernement, on a des noms, on connaît les tricheurs ! Déclare M. Eric Woerth, la bouche en cul de poule à la télé, autre hâbleur, ministre du budget. Paroles, paroles !!! C’est le même Woerth qui déclarait à propos de Johnny Hallyday , domicilié en Suisse pour échapper au fisc, « C’est pas un exilé fiscal qui va chanter, c’est un chanteur populaire qui va chanter aujourd’hui , il paye ses impôts en Suisse de façon légale. » ( Marianne du 4 au 10 juillet )
Et pour s’attaquer aux niches fiscales en France qui coûtent au budget près de 70 milliards d’euros il est urgent d’attendre dit le gouvernement.
Aujourd’hui des syndicalistes viennent d’être condamnés pour des dégâts commis sur un coup de colère dans une Sous-préfecture, en protestation à des licenciements. Le mobilier national compte
plus que la vie d’un salarié !!! Tout ça en contradiction avec les belles paroles du discours présidentiel.
Je rêve !!!
B.S.
Pendant des mois des éditorialistes en tout genre ont pronostiqué la fin programmée du P.S. C’en était bientôt fini. On parlait déjà de lui au passé. Certains socialistes y avaient largement contribué, ceux que j’appelle « les gourmands », ceux qui prolifèrent sur la souche mère ne produisent pas de fruits sauf ceux de la discorde. Ils étaient nombreux les Mélanchon, Valls, Montebourg et compagnie certains d’entre eux allaient même jusqu’à préconiser l’abandon du sigle, P.S. alors que plus que jamais le socialisme est d’actualité et comme le disait Mitterrand, « l’idée la plus neuve du monde. »
Martine Aubry dans un article du « Monde » du vendredi 28 août déclarait « vouloir conduire une offensive de civilisation. »
Elle écrivait « Ceux qui s’interrogent sur l’avenir du Parti socialiste devraient consacrer un temps au moins égal à dénoncer l’impasse du néolibéralisme, ses manquements et ses absurdités accumulées au cours des dernières décennies. Ce n’est pas un simple bug, c’est une société en panne de valeurs, de cohérence et de promesses. Cette société incontrôlable fait peur. »
« Dans la vie politique disait F. Mitterrand, il faut être offensif. Si on se défend on a déjà perdu. »
A l’université d’été du P.S. à la Rochelle Martine Aubry a conquis son auditoire par le parler vrai et un discours offensif qui redonne l’espoir aux militants. Les militants qui en avaient assez de ces querelles internes, de ses rivalités, de ses écuries, de ses clans.
Certes, il restera encore quelques grincheux pour semer la zizanie, quelques « Jean-foutre » pour s’opposer, nuire, se mettre en valeur, et jouer de leur ego. Espérons qu’ils rentrent vite dans les rangs et acceptent en socialistes loyaux le choix de la majorité et la discipline du Parti. Pour Michel Rocard à 79 ans c’est trop tard. Notre « Bien-aimé » Président l’a pris dans ses filets ; et il a fait allégeance. « Si(re)je peux être utile à mon pays ? » Non sans avoir évoqué auparavant une phrase de Marx au sujet de la crise économique « Marx jugeait le capitalisme comme un système instable et cruel, soumis a deux pulsions dangereuses : l’expansion géographique et la domination de la finance. On y est. » Ambigüité du personnage, habile tacticien et parfait médiocrate.
A la Rochelle le P.S. a trouvé ses marques, a adopté une stratégie, défini un programme. Il était temps.
Espérons que la gauche, dans sa diversité réussisse à faire partager avec les Français l’espérance.
DOM HELDER CAMARA.
Il y a dix ans le 27/08/1999 un personnage, Brésilien et citoyen du monde, croyant en l’homme autant qu’en Dieu, disparaissait. J’espère pour lui que Dieu existe.
Sa mère était institutrice dans l’enseignement public et son père commerçant était aussi franc-maçon, tout comme son grand-père et ses frères. C’était pour eux, une position anticléricale et non antichrétienne. Quand il annonça à son père sa décision d’être prêtre celui-ci lui répondit :
« Mon fils ! Je t’entends toujours dire que tu veux être prêtre. Mais sais-tu vraiment ce que cela veut dire ? Sais-tu qu’être prêtre ne permet pas d’être égoïste ? Etre prêtre et égoïste c’est impossible. Ce sont deux choses qui ne marchent pas ensemble » et Dom Elder répondit « Père c’est exactement un prêtre comme vous dites que je veux être ! »
« Alors mon fils que Dieu te bénisse » dit le père.
Au séminaire on ne lui avait rien appris en matière sociale, sinon que le monde se divisait en deux : Le communisme « intrinsèquement pervers » et le capitalisme « défenseur de l’Ordre chrétien ».
« Comme il m’a fallu encore vivre et marcher pour découvrir qu’un système comme le capitalisme, qui met le profit au-dessus de l’homme est lui aussi intrinsèquement mauvais » écrit-il début 76.
Et ce sont des rencontres extérieures qui l’ont amené à un christianisme engagé et combattif. C’est dit-il « Le passage d’une religion théorique, individualiste, personnelle, à une foi qui engage, non seulement avec le ciel et la vie future, mais d’abord avec le monde d’aujourd’hui. » L’Action catholique a préparé son chemin.
Cette Action catholique dont il fut le premier prêtre aumônier général ne fut pas sans problèmes dans le contexte de l’époque au Brésil. A partir du moment où les groupes privilégiés qui exploitent le peuple se sentent menacés, la rumeur puis l’accusation commence à se répandre : Vous changez la religion ! Vous changez l’Eglise ! Vous prêchez la haine contre les riches !...
Alors qu’il mettait simplement en adéquation le message du Christ avec les valeurs de justice et de liberté. Comprenant très vite que si l’on ne prend pas parti
pour les opprimés, on prend parti pour les oppresseurs quitte à s’attirer les foudres de sa hiérarchie. La religion disait-il au lieu d’être aliénée et aliénante doit être une force de
libération. Ce fut son credo. Dom Helder Camara n’a jamais fait la moindre concession aux généraux-présidents qui ont gouverné son pays de 1964 à 1985.
Ainsi il écrit dans son livre « Les conversions d’un Evêque » « Je me rappelle avec quel ridicule nous avons combattu le mot de République ! Combien de temps nous a-t-il fallu attendre pour pouvoir utiliser ce mot ! Ou le mot Démocratie : c’était un mot défendu ! Mon Dieu !... Et pourquoi exclure aujourd’hui le mot Socialisme du vocabulaire chrétien ? Pourquoi prétendre que le socialisme est nécessairement lié au matérialisme dialectique ? Pourquoi penser que le socialisme sera toujours antireligieux et antichrétien ? Je me souviens de tout le mal que le pape Jean a dû se donner pour pouvoir parler de « socialisation » : c’est la manière qu’il a trouvé pour parler du socialisme sans employer le mot ! Il est ridicule pour l’Eglise de rester enfermée dans cette peur »
C’est d’un autre niveau que la troisième encyclique du 6/07/2009 « Caritas in Veritate » de Benoit XVI sur la doctrine sociale de l’Eglise.
Aujourd’hui en Colombie cette fois : Un jésuite est menacé de mort. Le père Javier Giraldo dénonce depuis trente ans les exactions des agents de l’Etat colombien liés aux
escadrons de la mort qui font régner la terreur dans le pays.
Résistance civile en Colombie : le cas de la communauté de paix de San José Apartadó
jeudi 23 juin 2005 par Clara RODRIGUEZ
En Colombie, les populations amérindiennes, paysannes et afro-colombiennes directement touchées par le conflit armé que vit le pays depuis de nombreuses années ont décidé de réagir en créant des « communautés de paix ». Il existe huit communautés de paix en Colombie, dont celle de San José de Apartadó. Les principes ou règles qui guident ces communautés sont : la non-collaboration avec les groupes armés quels qu’ils soient (guérilla, forces armées gouvernementales, paramilitaires) ; l’interdiction faite aux groupes armés d’entrer dans le territoire de paix ; l’interdiction de vendre ou de donner de la nourriture à aucun de ces groupes ; et le développement de projets d’autogestion.
San José de Apartadó est un village situé dans le département d’Antioquia en Colombie d’à peine 2 000 personnes. Cette petite communauté est particulièrement touchée par le conflit armé, où se retrouvent guérilla, forces armées colombiennes et groupes paramilitaires. Or, depuis que San José de Apartadó s’est déclarée communauté de paix en mars 1997, les hostilités des groupes armés ont augmenté au lieu de diminuer.
C’est que le village est situé dans une région bananière. La production de bananes pour l’exportation est une agro-industrie qui couvre plus de 20 000 hectares. Les conflits de travail entre les entrepreneurs à la tête des bananeraies et les travailleurs agricoles dans les années 1980 ont contribué à consolider le mouvement agraire, civique et syndical dans cette région. Le mouvement politique de l’Union patriotique, parti indépendant des libéraux et des conservateurs, y possède beaucoup de partisans. Entre 1988 et 1990, on calcule qu’à peu près 400 personnes ont été assassinées pour motifs politiques, dont des ouvriers et des leaders syndicaux et politiques. C’est ce que rapporte Gloria Cuartas, ex-mairesse de San José de Apartadó. Face à la naissance de ces mouvements sociaux très solides, les entrepreneurs, les grands propriétaires et les narcotrafiquants de la région, alliés aux forces militaires du pays, ont entrepris d’en éliminer les leaders, et ont procédé à des assassinats collectifs pour intimider la population et détruire la mobilisation sociale comme toute alliance avec la guérilla. C’est ce que souligne le dernier rapport sur la violence dans cette région, paru en 1991.
Depuis le 23 mars 1996
C’est en 1996 que les représentants du diocèse d’Apartadó ont recommandé aux villageois de San José de Apartadó de se constituer en communauté de paix. Ce qu’ils ont fait. Mais dès l’annonce par le village de sa constitution en communauté de paix, le 23 mars 1997, les actes de violence perpétrés à leur endroit par les forces armées et les paramilitaires se sont intensifiés. C’est qu’ils ne tolèrent pas que la communauté leur nie le droit de circuler librement sur son territoire. Le père Javier Giraldo, qui accompagne la communauté depuis quelques années, raconte qu’un barrage a été érigé quelques jours seulement après le 23 mars, afin de contrôler la circulation des membres de la communauté. Leurs provisions ont été saccagées et certaines personnes ont été retrouvées mortes ou portées disparues. Les membres de la communauté assassinés ont été revêtus d’habits de guérilleros avant d’être déposés à la morgue de Apartadó en qualité de « guérilleros morts ». Une procédure appelée « légalisation des morts » par les troupes officielles de l’armée. Les généraux de la Brigada XVII de l’armée n’ont quant à eux jamais reconnu l’existence d’un barrage paramilitaire dans la région, malgré le fait que de nombreuses organisations de droits humains nationales et internationales l’aient confirmée après vérification. De son côté, le gouvernement actuel, dirigé par le président Alvaro Uribe Vélez, prétend que les communautés de paix cachent des guérilleros et qu’elles collaborent à la guérilla.
Le dernier incident grave survenu à San José de Apartadó s’est produit le 21 février 2005 quand huit membres de la communauté ont été assassinés. Parmi eux, des mineurs âgés de 17, 11, 6 et 2 ans. Le leader de la communauté, Luis Eduardo Guerra, l’ex-mairesse de San José de Apartadó, Gloria Cuartas, et le père Javier Giraldo ont dénoncé l’implication des forces armées dans ces assassinats, devant la Chambre des représentants. L’un de ceux-ci a répondu en dénaturant les faits, en favorisant les agresseurs et en garantissant l’impunité. À la suite de quoi, plusieurs parlementaires ont décidé de présenter le cas devant la Cour pénale internationale. Les agressions envers la population de San José de Apartadó continuent. Récemment, les paramilitaires ont exigé des membres de la communauté qu’ils leur vendent leurs terres, les menaçant de les occuper d’une manière ou d’une autre. Selon Gloria Cuartas, les intérêts économiques sont très grands dans cette région, car il s’agit d’une zone frontalière avec le Panama et qu’il s’y trouve d’immenses ressources naturelles. Un projet de création d’une zone de libre-échange contribue à créer des stratégies de contrôle territorial, de la part du pouvoir économique régional, provoquant le déplacement de la population et affaiblissant toute expression démocratique. Quant à la condamnation des violations des droits humains survenues à San José de Apartadó, étant donné que la justice colombienne ne répond pas, ça sera à la Cour pénale internationale de le faire.
L’action de Dom Helder Camara n’est pas tombée dans l’oubli.
B.S.